Un peu d’histoire…

Marie Léonie CHAPTAL (1873-1937)

Marie Léonie
CHAPTAL
(1873-1937)

Les archives de l’association constituent un fonds historique que nous espérons vous faire partager dès que possible…

Léonie Chaptal souhaite ardemment que les infirmières françaises sortent de l’hexagone et qu’elles participent à la vie internationale. Lors de l’assemblée générale statutaire de l’Association Nationale des Infirmières Diplômées de l’Etat Français, ancêtre de l’ANFIIDE, le dimanche 07 Juin 1924, elle annonce son désir qu’une délégation d’infirmières françaises participe au congrès international d’Helsingfors (Finlande) organisé par le Conseil International des Infirmières (CII) en Juillet 1925.

« Servir la cause des infirmières du monde entier,

Pour le progrès professionnel,

Pour le meilleur soin du malade,

Pour la plus efficace prévention des fléaux sociaux,

Pour le bien de nos frères de tous pays… »

Quelques dates :
  • 1922 : Création d’un brevet de capacité professionnelle qui permet de porter le titre d’Infirmier Diplômé d’Etat
  • 1923 : Création de la première revue française pour les infirmières « l’infirmière française » par le Professeur Calmette, ses collaborateurs, et Léonie Chaptal
  • 1924 : Création de Association Nationale des Infirmières Diplômées de l’Etat Français (ANIDEF). Annonce publiée au JO du 14 Novembre 1924.
  • 1924 : L’infirmière française (1924/1925). « L’infirmière doit apprendre à servir d’abord, à ne jamais marcher devant le médecin mais à le suivre ».
  • 1926 : Assemblée générale de l’ANFIIDE. Professeur Léon Bernard : « Mesdames, on vous a donné l’instruction, les notions techniques indispensables. Gardez vous d’en tirez un orgueil excessif. Restez femmes et infirmières ; dites vous bien qu’il n’y a pas de viles besognes et que c’est au contraire de leur acceptation toute simple que vous tirerez tout le prestige dont vous avez besoin. Respectez le médecin même si vous jugez qu’il ne le mérite pas. ».
  • 1927 : Léonie Chaptal pensait « qu’il fallait laisser au temps le temps et qu’indubitablement, on obtiendrait dans l’avenir une uniformisation des techniques mais elle ne sera toujours que relative… ». Le Dr Rist exprime son souhait de voir placer la profession infirmière sur un pied d’égalité avec celle du médecin.
  • 1930 : « Lorsqu’un médecin ou un chirurgien donne des instructions à une infirmière placée sous ses ordres, celle-­‐ci a le devoir strict de les exécuter intégralement, sous la responsabilité du médecin ou du chirurgien. Sa propre responsabilité ne sera pas engagée tant qu’elle se conformera aux instructions qu’elle a reçues ». Les médecins fondateurs de « l’infirmière française » démissionnent. Léonie Chaptal en devient la rédactrice en chef : « Notre revue, dit elle, devient le porte parole direct des infirmières diplômées de l’état français ».
  • 1932 : Reconnaissance d’utilité publique de l’association par Décret du 23 Août 1932. Annonce publiée au JO du 15 Octobre 1932.
  • 1936 : L’infirmière française (1936). « Soigner un malade, c’est à la lettre s’appliquer à donner correctement les soins prescrits par les médecins ».
  • 1940 : « Appelée à vous présenter le rapport moral de notre association, je suis confuse de ne pas arriver devant vous les mains pleines : les événements douloureux et tragiques de l’année 40, la dispersion de la plupart de nos membres ne nous ont pas permis de déployer les efforts que vous étiez en droit d’attendre de nous.. ». « Le secrétaire d’état à la santé, le Docteur Huard, a bien voulu nous engager à lui présenter notre manière de voir sur deux questions : le statut de l’infirmière et la formation d’un groupement corporatif des infirmières diplômées parallèle à celui que les assistantes sociales voudraient constituer, inspiré lui-­‐même de l’ordre des médecins … » . Il faudra attendre 2006 pour voir le vote de la loi portant création de l’ordre infirmier.
  • 1942 : Création du diplôme d’état infirmier.
  • 1946 : Définition de l’infirmière. Loi 46-630 du 8 avril 1946, article 4 : « Est considérée comme exerçant la profession d’ infirmière ou d’infirmier, toute personne qui donne habituellement soit à domicile soit dans les services publics ou privés d’hospitalisation ou de consultation, les soins prescrits ou conseillés par un médecin » .
  • 1953 : AG de l’ANFIIDE en présence du ministre de la santé : « La profession infirmière évolue rapidement et parait être à un tournant. Les découvertes des cinquante dernières années dans le domaine médical, la transformation économique et sociale accentuée par deux guerres mondiales ont profondément modifié le rôle de l’infirmière et les conditions dans lesquelles elle exerce sa profession. Si beaucoup d’infirmières sont conscientes de ce fait, trop d’entre elles se contentent d’accomplir leur travail, consciencieusement certes, mais dans l’isolement sans paraitre se rendre compte des changements qui s’effectuent autour d’elles…Il est indispensable que toutes les infirmières participent dans la mesure de leurs possibilités à la vie de la profession. Son avenir est dans leurs mains et sera en grande partie tout au moins ce qu’elles voudront qu’il soit… nous croyons qu’il faut avant tout nous unir car rien de bon ne se fait dans la dispersion ; chaque infirmière doit vouloir cette unité de la profession qui fera sa force ».
  • 1957 : Extrait du rapport moral. « Cette année après des démarches nombreuses, nous avons obtenu que fut inclus dans la loi des Finances du 9/08/1956 le paragraphe qui décide la titularisation des infirmières dans les établissements de l’état… « . Et pour conclure : « Je m’excuse de répéter souvent la même chose : pour obtenir des résultats tangibles il faut être nombreuses et se serrer les coudes. On ne réalise rien en ordre dispersé » .
  • 1957 : Des  références aux maisons médicales de santé apparaissent dans les comptes-rendus des réunions de  l’ANFIIDE.
  • 1958 : Extrait du rapport moral. « Nous avons constaté que notre profession est à la fois très vielle et trop jeune pour se bien défendre. Nous trainons à notre suite la séquelle des temps révolus où une infirmière se différenciait peu d’une femme de service… Notre profession est à un tournant de son histoire… de son existence peut être si rien ne vient la protéger. C’est vous mesdames qui écrivez cette histoire. Les pages du passé sont belles et les anciennes, comme votre secrétaire générale, vous font confiance, pour en écrire d’autres et garder fidèlement les traditions… » .
  • 1966 : Rapport sur une enquête initiée par l’ANFIIDE : « L’infirmière face aux conditions économiques et sociales de la profession ». « En 1962 le nombre d’infirmières est estimée à environ 85 000 dont 25 000 religieuses. La répartition dans les différents secteurs d’activité est plus difficile à établir…« , « … omniprésence multiforme de l’infirmière : dans les ministères, les écoles, dans les mines, les usines, sur les bateaux, dans les aéroports. Notre répartition dans ces multiples secteurs d’activité est à l’origine des nombreuses difficultés dans la défense de la profession … », « … parmi tous les besoins exprimés, au cours de l’enquête celui qui l’a été plus de mille fois et dans tous les secteurs d’activité a été le besoin d’une revalorisation de la profession infirmière  »,  « … aucune profession ne résiste à l’émiettement et l’individualisme, seule une action collective faite de toutes les actions individuelles aux échelons locaux les plus éloignés coordonnés à l’échelon le plus élevé peut influer sur les structures d’une profession. Une profession unie, c’est un corps social influent dans la vie de la nation …».
  • 1966 : Rapport N°347 publié par l’OMS. « S’il est vrai que l’infirmière doit s’en rapporter au médecin pour le diagnostic et le plan de traitement, il lui appartient d’établir pour son propre compte une évaluation des difficultés du malade. La responsabilité de l’infirmière dépasse de loin les actes soignants concrets. L’infirmière aide le malade à maintenir ou à recréer le mode de vie normal qu’il entretiendrait sans assistance s’il était en parfaite santé. » .
  • 1968 : Congrès de l’ANFIIDE. Rapport de groupe en présence du professeur Paul Milliez, professeur titulaire de la chaire de clinique médicale propédeutique à la faculté Broussais­‐Hôtel Dieu : « Les infirmières attachent une grande importance à la formation de base à laquelle elles voudraient voir un nouveau visage……Elles demandent la création d’un institut de perfectionnement et de recherche pour le personnel infirmier, institut qui devrait être géré par les infirmières elles mêmes … réclament avec insistance que la profession infirmière soit mieux représenter auprès des pouvoirs publics… ». Les congressistes pensent qu’à ignorer syndicats et associations, les infirmières se privent de moyens qui leur permettraient de participer au moins à certaines décisions..
  • 1978 : Définition du Rôle propre. Loi N°78-615 du 31 mai 1978 modifiant l’article L.473 : « Est considérée comme exerçant la profession d’infirmière ou d’infirmier toute personne qui, en fonction des diplômes qui l’y habilitent, donne habituellement des soins infirmiers sur prescription ou conseil médical, ou bien en application du rôle propre qui lui est dévolu. En outre, l’infirmière ou l’infirmier participe à différentes actions, notamment en matière de formation ou d’encadrement ».
  • 1984 : Liste des actes professionnels.
  • 1980 : Décret relatif à l’exercice de la profession.
  • 1991: Création du service de soins infirmiers.
  • 1992 : Décret relatif au programme des études conduisant au diplôme d’État d’infirmier. Bernard Kouchner, secrétaire d’état à la santé, transforme les les écoles d’infirmières en instituts de formation en soins infirmiers ( IFSI).
  • 1993 : Décret relatif aux actes professionnels et à l’exercice de la profession d’infirmière.
  • 1999 : 75ème anniversaire de l’ANFIIDE. « … la profession n’a rien à gagner à se disperser même si nous bien volontiers admettre que la diversité est une source de richesse intarissable. Il devient urgent de trouver une solution qui puisse permettre un rassemblement le plus large possible de la profession infirmière sur des bases minimales. Je suis attristé de voir, au quotidien, le peu d’influence que représente les 350 000 infirmières en activité et les quelques 50 000 étudiants qui apprennent dans les IFSI leur métier de demain… ». Témoignage de Christian Ollier : « … A l’issue du salon infirmier de mai 1990, naissait l’union infirmière France (UIF) regroupant 19 organisations. De nos propositions d’amendement à la loi portant reforme hospitalière naîtront la direction et la commission du service de soins infirmiers. Nous obtiendrons également la présence d’une infirmière au conseil d’administration des hôpitaux publics. L’ANFIIDE et l’UIF étaient d’ailleurs les seules organisations à avoir rencontré l’ensemble des groupes parlementaires de l’assemblée nationale et le rapporteur de la commission du sénat. Notre participation au sein de l’UIF nous a permis de participer aux négociations du protocole Durieux. Nous y obtiendrons la révision du décret de compétences et un siège à la commission de réactualisation où nous pourrons présenter et défendre les propositions communes à 5 groupements ... » .
  • 2002 : Nouvelle version du décret de compétences.
  • 2004 : Le décret de compétences du 11 Février 2002 est abrogé . Notre profession est désormais régie par les dispositions du Code de la Santé Publique.
  • 2006 : Adoption de la proposition de loi portant création d’un ordre national des infirmiers par l’Assemblée nationale.
  • 2007 : L’ANFIIDE soutient le processus LMD d’universitarisation de la formation infirmière. Télécharger le diaporama de présentation (C. Debout, 2007), un communiqué publié par l’association, la revue d’impact (éditée en 2008).
  • 2014 : L’ANFIIDE a 90 ans… et l’aventure continue !